Dans mes souvenirs... Tout m’apparaît plus grand… Plus loin…

"Le monde des souvenirs est parfois curieux… Surtout lorsque les formes, les proportions et les distances se confrontent à notre vision adulte. Souvent reliée aux souvenirs d’enfance, la ruelle était une zone de confinement tacite pour les plus petits qui devaient toujours rester à « portée de voix » de leur parents. Les plus jeunes ne pouvaient sortir de la ruelle, jusqu’à ce qu’ils aient atteint un certain âge, ce qui contribuait à se « bâtir » un bagage de souvenirs, le plus souvent heureux… Une fois adulte on a parfois un sentiment étrange lorsque l’on revient sur ce territoire dans lequel sont nés nos souvenirs de ces ruelles d’enfance… Qui n’a pas été étonné, une fois adulte, de constater que ce qui nous apparait maintenant si banal et quotidien nous apparaissait pourtant à l’époque tout droit sortit du pays des géants.

L’installation pour le projet « REMIXER MA VILLE » explore ces heureuses réminiscences. Une photo d’une ruelle, principalement en noir et blanc, présente un point de vue accentuant sa profondeur. Une enfant évoquant celle que nous étions, ajoute au contraste des dimensions. Quelques grands dessins démesurés, d’éléments de nos souvenirs, sont installés sur ce parcours imaginaire. Le ciel, habité de bleu, est traversé de façon délinquante par des lignes qui rappellent les textures si familières à ce lieu. Ainsi, chacun des objets traverse le prisme des souvenirs: les souvenirs construits au fil des années s’opposent ainsi au regard neuf que l’on porte au moment présent… On aimerait pourtant continuer à rêver de ces démesures et à rêver de conserver ces images qui ajoutent à la poésie de la Vie."

Après avoir complété un baccalauréat en enseignement des Arts plastiques et par la suite un DEC en Design d’intérieur, Jeanne Richer a mis en veilleuse certaines activités artistiques afin de poursuivre une carrière en enseignement collégial et universitaire et compléter un doctorat en éducation. Elle a enseigné durant plusieurs années le dessin assisté par ordinateur et complété un AEC en Web Design. Ayant repris, avec grand bonheur, crayons et pinceaux elle a depuis plusieurs années participé à des expositions solos et collectives et évènements à saveur humanitaire.

Les ruelles du centre-ville

Lieux de souvenirs, d’enfance, de cordes à linge et de ragots entre voisines, les ruelles du centre-ville de Shawinigan avec leurs escaliers extérieurs, leurs "galeries", leur "véranda", et leurs "hangars" de tôle nous ramènent en un coup d’oeil au passé pas si lointain des quartiers ouvriers urbains de la Pointe à Bernard.

Si on écoute bien, en les arpentant d'est en ouest ou du nord au sud, on peut entendre les mères qui, par la fenêtre de cuisine ouverte, appellent leurs enfants pour le dîner; le bruit du fracas des métaux qui s'entrechoquent dans les garages, le rire des enfants qui jouent à la marelle.

Dans l'atelier de Jeanne

"En tant qu’artiste, c’est un des aspects qui m’intéresse d’explorer : magnifier, en peinture ou dessin, des objets, ceux du quotidien, ceux qui passent presque inaperçus, ceux qu’on ne voit plus parce que trop familiers.

Dans mes dessins ainsi que dans mes peintures j’aime déclencher, chez le spectateur, une sensation de « réajustement » que donne le rapprochement et l’éloignement. J’aime que les lignes que je trace ou que les taches que j’appose donnent une impression de tracés désorganisés, lorsqu’on les regarde de près, mais qu’à mesure qu’on s’en éloigne, ce chaos devienne de plus en plus organisé. Je ne cherche pas à reproduire les objets dans leurs détails. Ce qui m’intéresse est de donner, lors d’un premier coup d’oeil, l’impression d’une image relativement nette et précise mais qui n’est formée en fait que de traits vifs, bruts et spontanés."

"Ces banals objets du quotidien, parfois mis en scène, participent à une trame narrative et offrent un contexte où chaque spectateur peut, s’il le désire, se forger une histoire qui devient sienne. Une belle façon de finaliser l’oeuvre!"

"La ruelle est un lieu riche en soi, tant du coté humain et social mais également riche de formes, d’objets et d’histoires ! Tout comme les natures mortes, les ruelles « racontent des histoires » qui peuvent prendre différentes directions : la direction que j’ai choisie est celle des souvenirs.

Au départ mon inspiration a été stimulée par tous ces objets qui nous reviennent en mémoire : la tôle ondulée, le sol marqué par le temps, les fils électriques, le ciment des solages … mais également par le sentiment étrange que les souvenirs d’enfance nous font vivre."

"L’expression qui me vient à l’esprit en parlant de la co-création vécue dans ce projet est «L’enrichissement de deux visions». On pourrait avoir tendance à croire que nous étions limitées à chacune notre partie : la mienne en tant qu’artiste peintre (croquis, maquette, réalisation, installation) et celle d’Émilie en tant que photographe (shooting photo, test de couleurs, post production ). Mais dans les faits, les échanges entre nos deux visions ont permis d’arriver à un projet final influencé par nos deux champs d’activités. Au départ le champ était libre pour explorer l’univers que je voulais créer… « Pas de possibilité d’être « à coté de la track » puisque « il n’y avait pas de track à suivre » comme disait Emilie ! Ce qui ouvrait ainsi une grande porte à la création ! Mais une fois établi le chemin que je désirais prendre, des ajouts, des retraits, des modifications ont été apportées pour atteindre ce qui m’apparaît un réel « jumelage » de nos regards et de nos habiletés."

"Quelque chose qui m’a impressionnée est de voir comment par le seul jeu de la caméra et de la position du modèle, toute l’histoire racontée peut se modifier !" - Jeanne Richer

Pour visiter les lieux qui ont inspirés les oeuvres de l'exposition, cliquez sur le lien suivant et défilez la page pour trouver notre carte interactive exclusive : https://culturego.ca/remixer/

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